Parcours

 

Diane Gravel est née sur une ferme, au Saguenay. Fillette aventureuse, elle découvre en forêt la sensation fabuleuse que procure la liberté d’inventer des histoires. Écolière indisciplinée, grâce à un crayon et un dictionnaire, elle découvre, à même un coin du bureau de la directrice, que sa passion des mots prend son envol. Elle doit ouvrir l’ouvrage au hasard et copier le contenu de la page dans un cahier. Son enthousiasme à être punie de la sorte reste inexpliqué, sinon par la découverte d’un nouvel espace de liberté où les mots dévoilent des univers de sens étonnants et infinis. Pour l’adolescente, il n’y a pas plus beau cadeau de lecture qu’un dictionnaire!

Les trois principaux auteurs qui nourrissent l’imaginaire de la jeune adulte sont : Hermann Hesse et sa quête de quelque chose ; Jean Cocteau, le maître du sortilège ; et Léo Ferré avec son éducation libertaire à coups d’états d’âme. Rebelle, en phase sombre à ses heures, Diane réalise qu’écrire dans un cadre scolaire est une torture : il y a trop de mots et trop de sens possibles pour se conformer à ce que l’on attend d’elle. Elle aime la poésie et le dessin, et les veut libres. Une détermination rare, comme celle qui permet à certaines personnes de braver des tempêtes, lui permet de poursuivre des études supérieures et de suivre le courant qui l’entraîne vers la profession de psychologue des organisations. Cette profession lui ouvre une voie inespérée pour l’écriture : sortir d’elle pour voir le monde avec les yeux des autres, pour saisir leurs idées, leurs histoires, leurs aspirations. Elle parvient ainsi à traduire et transcrire des réalités humaines avec une facilité déconcertante. La rigueur de ses écrits professionnels laisse filtrer une approche intuitive des réalités et le refus d’une pensée unique. Elle se démarque. Elle se retrouve.

Lorsque l’auteure rentre dans ses terres en 2014, un premier roman jaillit. Ça commence avec trop de mots, trop de sens pour un mot, trop d’idées dans une phrase. La matière brute absorbée déferle. La mythologie, le symbolisme, les archétypes et la polyphonie des voix travaillent pour elle : un inconscient fort serait une destinée, sa vie étant celle d’une écrivaine qui s’est nourrie en attendant son heure. Or, Diane écrit en contrepoint. Cette prise de conscience pousse l’auteure à donner une nouvelle direction à son écriture : se décoller d’un soi — enfin retrouvé et assumé — pour mieux faire irradier la relation humaine au centre de l’œuvre.

Écrire pour résonner avec d’autres parce que c’est indispensable à soi.

La trajectoire des projets d’écriture en cours, roman et nouvelles, se précise : toujours une quête de quelque chose, des concordances plus précises entre mythologie et sciences, un parti pris pour la dualité ombre et lumière, une forêt inextricablement enchâssée dans le récit. C’est dans l’apprentissage de l’expérience littéraire — et en perfectionnement continu — que son parcours littéraire atypique se poursuit.

Dernière mise à jour : mars 2019

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